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M'hamid Express

Rallye raid au Maroc Zagora M'Hamid du 22 au 27 janvier 2017

Le rallye raid 4x4 vu de l'intérieur d'un Range Rover VM6

Publié le 13 Mars 2011 par GSO

Jean-raymond Peyre nous a gentiment résumé ce qu'il a vécu pendant toute sa semaine du mois de Janvier sur le rallye raid M'Hamid Express.

Pour ceux qui ont suivi le blog, ce sont les aventures de JR, mais là, vu de l'intérieur, nous ne toucherons aucune virgule de son texte.

Le récit de ses aventures:

 

M'Hamid-Express 2011. Part-1

Voilà, de retour...
Tout le monde est un peu chiffonné : le Range avec ses demi-arbres flambés, le Cop avec une côte fêlée, et le pilote avec une Fidèle Gastro (une cubaine..., comme il se doit !).
A part ça, un super rallye.

 

peyre

Bon, un peu court, d'accord : 1ère étape, 20 km, et un tampon magistral ! Résultat, un demi-arbre avant cassé et retour en 2 roues motrices après être resté plantés dans l'oued... et donc dernière place en vue !!
Bien sûr, la pièce de rechange ayant fait Paris-Dakar sur la Transaf-2008, la Tunisie au printemps dernier et sans doute le Trophée Roses des Sables à l’automne, pour rien..., est donc restée à l’atelier à Mérindol !!
Heureusement, nos amis du Garage Momo nous en ont trouvé une, et réparé le Range dans la nuit à Zagora.

jr-face.jpg
Mais le lendemain, repos...
M'étant couché à 3H du matin, Pierre m'a réveillé un peu tard, alors qu'il aurait fallu aller à Tagounite pour refaire le plein (60km AR !), lui-même étant un peu coincé par une douleur au dos après une chute nocturne le long de la route mal éclairée entre le restaurant et l'hôtel.
On se précipite donc pour éviter les pénalités et là, roue avant droite à plat !!!!
Alors bon, en vue d'une journée de merde qui s'annonçait si bien, on a décidé qu'on resterait tranquilles à l'hôtel, avec réparation, essais, séances photos, et restaurant au programme.
Et donc en forme pour les prochaines étapes...
A suivre.

 

M'Hamid-Express 2011. Part-2

Donc suite...

peyrej3
Troisième journée, une étape de presque 300 km de pistes rapides sans trop de problèmes de navigation : aller parallèle à l'oued Draa passant au sud de l'erg Chegaga et du lac Iriki, puis ancienne piste du Dakar et retour par le lac Iriki et les plateaux au nord-ouest puis au nord de M'Hamid.

Une super étape pour tester "en vrai" les aptitudes du RR VM6 à "envoyer"...
C'était pourtant bien parti, mais c'était sans compter cette p... de durite de turbo qui a passé la journée à se déboiter, séquelle du 1er tampon ! Et bien-sûr, les colliers colson fixant l'intercooler étant restés à l'hôtel, la réparation ne tenait pas plus de 50 km !!!
Pourtant, après un départ plus calme que le 1er jour, on rattrape Micouleau et son Range V8 ex-Zaniroli, qui se plante devant nous sur une langue de sable, et qu'on sort à la sangle. Puis un peu avant le CP1, dans le mou, plus de turbo et un petit 60 à fond de 3ème...
Donc arrêt au CP1, démontage et remontage de la ligne d'admission (c'est super-chaud !!!). Et on repart avec un gros retard, mais avec les watts.

jr j4

Enfin on y est, et c'est la confirmation : un super équilibre tant en virages qu'en jumps, et un confort de conduite impressionnant, avec mise en dérive sans trop d'appel, et une remise en ligne aux gaz, toute en souplesse ! Un pied d'enfer sur 50 km, jusqu'à... le déboîtement de la durite, un peu avant le CP2 !
Re-arrêt pour la remettre, avant de faire le lac Iriki, mais bien sûr, fin du lac sans turbo, et re-re-arrêt au CP3 !!! La galère dans toute sa splendeur...

Mais c'était pas finit : quand la durite s'est déboîtée pour la 4ème fois, j'en ai eu marre, et comme la piste sur les plateaux était roulante (bien que "sautillante"...), je suis resté "pied-dedans" en 4 sans trop ralentir, pour ne pas avoir à relancer sans turbo... Ce qui m'a permis de vérifier l'aptitude de l'engin aux jumps, style triple-saut en longueur en athlétisme ! Et ce qui devait arriver arriva : jante AVD explosée sur une réception.
Donc là, étape finie : on arrête tout, on sort la bouffe et les bières, on change de roue, on laisse refroidir pour mieux remettre la durite, et on repart "tranquille" avec les 2 derniers "Raid", le disco de Carteau et le patrol de Gorez (que l'on déplantera d'ailleurs l'un après l'autre dans les dunettes de l'arrivée...).

jr-dune.jpg
Mais finalement, une bonne journée très concluante pour la prépa moteur/suspensions (même s'il y a encore du boulot...), et un petit regret : vu qu'on s'est arrêtés dans les 2h30 / 3h en tout, et sans compter les longs moments sans turbo et la fin d'étape au ralenti, on fini dernier, mais à 3h du premier !
Suite dans le sable...

 

M'Hamid-Express 2011. Part-3

Sable, suite...

 

Quatrième journée, et un défi à relever : faire l’Erg Chegaga "à l’envers" (Sud Est, Nord-Nord Ouest) en attaquant les dunes du côté abrupt, avec un vent de sable qui se levait et qui allait souffler de face, et cela de plus en plus fort !!!

Et pour corser le tout, une entrée dans l’erg un peu tardive, en saint-bernard avec les derniers raideurs.

Mais bon, un remarquable test quand aux possibilités du VM6, avec ses 4 roues motrices, son intercooler bien fixé, et sa durite de turbo définitivement emboîtée après une dernière réparation…

jr-degonfle.jpg

Donc, au travail : dès la sortie du CP1, on descend à 800gr, et on déplante le disco de Carteau, on récupère le HJ61 des Basques qui venaient de faire un tonneau dans un devers, et le pick-up des frères Djerrari qui nous attendaient plantés sur une crête.

 

Mais là, on s’est aperçu que la suite n’allait pas être facile, parce que les dunes fumaient sous le vent et commençaient à casser, avec bien-sûr les traces des autres concurrents qui s’effaçaient de plus en plus… On est donc passés en tête pour faire la trace, et le convoi est arrivé tant bien que mal au CP2 : soit les 4 derniers de l'étape !

Je repars donc en tête, toujours pour faire la trace, mais c'est de plus en plus difficile et il faut sans arrêt zigzaguer de crêtes en crêtes parce que la trace directe n'est plus possible depuis longtemps. Et après plusieurs passages "chauds", on s'aperçoit qu'il n'y a plus personne derrière : ils nous diront à l'arrivée qu'à cause du vent, ils ont perdu nos traces après s'être un peu plantés.

Puis c'est enfin le CP3, où l'on signale qu'il y en a encore 3 derrière, et on repart au cap pour "un passage sans problèmes" d'après les contrôleurs...

Mais le temps ne s'arrange pas : de plus en plus les dunes cassent, la visibilité diminue, et on ne trouve pas le bon passage ! On finit même par trop s’éloigner de la trace théorique dans du sable qui n'a plus du tout de consistance, alors que l'on est tout seul sans aide immédiate en cas de plantage, et que l'embrayage commence à donner des signes de faiblesse.

On décide donc prudemment de faire demi-tour au GPS : grâce au back-trace, on retombe sur le CP3, sans véritablement le voir à travers les rafales de sable face au soleil couchant..., alors que les 3 autres ne sont toujours pas arrivés !

jr-gros-plan.jpg

Mais notre retour donne l'alarme (!) et Benoit - d'ailleurs on ne dit plus Saint Bernard mais Saint Benoit dans le coin... - vient nous chercher. Et après un (très) long moment et quelques bons plantages (si-si, on a les photos !) il ramène les 3 raideurs au CP.

On part donc vers le CP4 en convoi, 6 véhicules avec celui du CP3, plus les 2 quads du CP2. Seul restera sur place le magnifique buggy californien avec son moteur de corvette de 5,7L qui... ne voulait plus démarrer : un tracteur était parti le chercher, mais on apprendra le lendemain qu'il n'avait pas pu le rejoindre à cause de la tempête de sable !

Arrivés au CP4 à la nuit tombante, il faut abandonner le tracé terminal de l'étape (mais sans pénalités vu qu'on avait passé les 4 CP !) et rentrer directement par les pistes des plateaux. Et là, merci le GPS, parce que de nuit et sans repères, c'est jamais facile...

Arrivée tardive à l’hôtel donc, surtout que l'embrayage étant définitivement mort, le franchissement final de l'oued s'est fait en première longue à 20 km/h..., mais juste à temps pour l'apéro et le repas, le planning étant ainsi parfaitement respecté !!

Mais aussi, test pleinement réussi, puisque les 40 km d'erg (plus les zigzags...) se sont passés sans sortir une seule fois ni les plaques ni les pelles ! Un pur plaisir dans des conditions "normales" de franchissement, et une grosse marge de sécurité dans des conditions plus extrêmes.

Dernier jour, dernière galère, à suivre...

 


M'Hamid-Express 2011. Part-4

Sable et embrayage : suite et fin !

Dernier jour, et on embraye donc (oui je sais, celle-là, elle est facile... J’avais aussi "change de disque", mais j’ai pas osé la faire…) sur notre dernière galère : plus d’embrayage !

Pas la peine d’envisager une nouvelle étape dans ces conditions…

Mais encouragés par nos deux amis Alain et Charly dont le Toy 80 "proto" (trois Transafricaines et deux Pharaons, quand-même…) remarchait tant bien que mal avec un pont avant tout juste rafistolé, nous décidons de nous présenter au départ : c’est entendu, on y va ensemble, on fait les photos, on prend le départ, et… on s’arrête tous les deux 100m plus loin !!

jr-dernier-jour.jpg

Et c’est ce qu’on fait, avec un départ à deux en ligne impeccable, et avec un embrayage qui fonctionne encore un peu, certainement à froid : Alain s’écarte et s’arrête, et… je continue un peu pour voir !

jr-coude-a-coude.jpg

On sort de l’oued et on se lance tant bien que mal sur le plat dans des pistes roulantes, sans trop forcer sur le fameux embrayage…

Mais voilà que, sur le retour, arrivent les dunettes. Et au lieu de faire le grand tour par le goudron comme le 1er jour en 2 roues motrices, je me lance dans la traversée au plus court avec l’intention de terminer le tour. « Jamais vu un mec aussi têtu ! » dira Alain…

Bon d’accord, il s’en est fallut de peu que je réussisse : s’il n’y avait pas eu un concurrent planté sur la trace au beau milieu du cordon de dunes et qui m’ait obligé de m’arrêter, je serais certainement (?!?) passé. Mais voilà, avec l’embrayage bien chaud, impossible de redémarrer !!

Heureusement, le Team GOTO (un grand merci à Kamal et Ziad…) passe par là, et avec beaucoup d’ardeur et une bonne sangle cinétique, nous remorque jusqu’à l’arrivée. Non sans mal, puisqu’au franchissement d’une dunette prise en devers, l’attache de remorquage casse net son boulon à raz du châssis et que l’ensemble manille+attache atterri dans le hayon arrière du patrol, propulsé par l’effet "cinétique" de la sangle !...

Danger classique, mais ça surprend toujours quand ça arrive. Donc aux sortir des pistes et avant de traverser le village pour rentrer à l’hôtel, je préfère rouler péniblement mais plus prudemment avec un embrayage qui avait un peu refroidi. Mais il n’ira pas jusqu’à Zagora pour la dernière réparation : il lache définitivement dans la montée du col entre Tagounite et Tamegroute, et le Range sera finalement remorqué par la dépanneuse du garage.

Et c’est grâce à la diligence des mécanos de Mohamed que je pourrai être de retour à la soirée pour recevoir (presque) en main propre « le prix de la meilleure série de galères du rallye » !!!

seri galere

Merci Benoit…

 

                                                                                              Jean-Raymond, Range-Rover VM6.

 

Merci pour cette belle histoire/

 

S'il y en a d'autres qui souhaitent faire vivre leurs aventures, qu'ils nous envoient leur résumé par mail et à bientôt sur le M'Hamid Extrem  www.mhamidextrem.over-blog.com

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